Considérer le syndicalisme comme un objet de recherche en science politique n’est pas une évidence, du fait même des liens historiques complexes entre syndicats et politique, notamment en France. Pourtant, de nombreuses enquêtes, menées par des politistes et des sociologues, permettent aujourd’hui d’alimenter une « sociologie politique du syndicalisme », qui donne à voir un point de vue spécifique sur l’état et les dilemmes de l’action syndicale. En s’appuyant sur des enquêtes récentes, qui les ont amenés d’une entreprise multinationale telle que Decathlon au mouvement des Gilets Jaunes, Sophie Béroud et Guillaume Gourgues présenteront la façon dont le syndicalisme doit composer avec des logiques très différentes, relevant autant de l’encadrement managérial que du débordement par les mouvements sociaux, dépassant les discours simplistes et usuels sur l’obsolescence des organisations syndicales.