Cette analyse examine comment les régulations qui abaissent la flexibilité du marché du travail et qui, sur le marché des biens et services, restreignent la concurrence dans des secteurs clés non manufacturiers tels que l’énergie, les transports, le commerce de détail et les services professionnels, ont un effet préjudiciable sur la productivité. À partir de données internationales sur ces régulations et sur la productivité dans 15 pays et un grand nombre de secteurs d’activité pour la période 1996-2021, les résultats des estimations réalisées montrent que ces régulations ont un effet important sur la productivité. En mobilisant les résultats de ces estimations, il apparait que des réformes structurelles ambitieuses alignant dans chaque pays les régulations sur les niveaux les plus bas, c’est-à-dire sur les pratiques réglementaires les plus proconcurrentielles, observés dans l’ensemble des pays pourraient avoir un effet non négligeable sur la productivité. Concernant le marché du travail, de telles réformes élèveraient la productivité globale des facteurs sans effet cependant sur la productivité du travail du fait d’une modification induite de l’intensité capitalistique correspondant à des créations d’emplois et à un enrichissement en technologies avancées du capital productif fixe. Concernant le marché des biens et services, ces réformes pourraient se traduire par des gains de productivité du travail substantiels, s’étageant d’environ 1,5 % pour le Danemark, la Suède et le Royaume-Uni à près de 11 % pour le Canada, en passant par environ 6 % pour la France et l’Italie. Les gains les plus importants proviendraient des réformes favorables à la concurrence dans les services professionnels et le commerce de détail.